Test Sony A7R VI : 67 Mpx empilés, rafale 30 i/s, la gamme R change enfin de dimension

Depuis 2019 et l'A7R IV, le capteur de la série R n'avait pas évolué d'un seul mégapixel.
Pendant sept ans, Sony avait continué à raffiner l'autofocus, la stabilisation et les modes vidéo, mais la cellule photoélectrique elle même restait figée à 61 Mpx.
Le Sony A7R VI met fin à cette longue stagnation avec un capteur entièrement nouveau de 67 Mpx (six seven… OUI, je sais !), une architecture empilée, une rafale électronique montée à 30 images par seconde et une dynamique annoncée à 16 stops. Sur le papier, c'est la mise à jour la plus ambitieuse de la gamme depuis sa création en 2013.
Mais le papier ne suffit pas… On va essayer de répondre à une question simple : ce boîtier tient-il ses promesses, et est-il le meilleur ?
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Sommaire
1. La série A7R en quelques mots : sept ans sans nouveau capteur
Quand Sony lance ses premiers hybrides plein format en octobre 2013, deux boîtiers sortent simultanément : l'A7, plus généraliste, et l'A7R, spécialiste de la haute définition avec son capteur Exmor de 36 Mpx, une résolution qu'il partageait alors avec le reflex Nikon D800.
La gamme R était née, et elle allait définir le positionnement de Sony sur le segment de la très haute définition pour la décennie suivante.
L'A7R II (2015) monte à 42 Mpx. L'A7R III (2017) conserve le même capteur mais révolutionne les performances globales. Puis l'A7R IV (2019) franchit le cap des 61 Mpx. Une résolution qui restera inchangée pendant sept ans, reconduite sans modification sur l'A7R V (2022), l'A7C R et le compact RX1R III.
Pendant ce temps, l'autofocus progressait, la stabilisation s'améliorait, le mode vidéo évoluait (un peu), mais le capteur, lui, stagnait.
La concurrence ne restait pas immobile : Panasonic, Nikon, Canon et Fujifilm travaillaient tous sur des alternatives avec leurs propres arguments. C'est dans ce contexte que l'A7R VI arrive avec son capteur entièrement nouveau, son architecture empilée et ses ambitions nettement élargies.
2. Fiche technique et comparatif A7R VI vs A7R V
Sony A7R VI | Sony A7R V | |
Capteur | Exmor RS BSI 67 Mpx, empilé | Exmor R BSI 61 Mpx |
Processeur | Bionz XR2 | 2× Bionz XR + puce IA |
Rafale électronique | 30 i/s | 10 i/s |
Rafale mécanique | 10 i/s | 10 i/s |
Pré-capture | 0,03 s – 1 s | Non |
Vidéo | 8K 30p (crop 1,2x) + 4K 120p sans crop, 10 bits | 8K 24p + 4K 60p (crop 1,2x), 10 bits |
Raw 16 bits en vidéo | Oui en externe via HDMI | Oui en externe via HDMI |
Profils colorimétriques/vidéo | 12 Film looks, S-Log 3, S-Cinetone | 10 Film looks, S-Log 3, S-Cinetone |
Stockage | 2x slot SD UHS-II / slot CFexpress type A | 2x slot SD UHS-II / slot CFexpress type A |
Tropicalisation | Oui | Oui |
Stabilisation | 8,5 stops annoncé | 8,5 stops annoncé |
Points AF | 759 points, couverture 94 % | 759 points, couverture 94 % |
Pixel-shift | 270 Mpx + upscale 134 Mpx | 240 Mpx |
Batterie | NP-SA100 – 600 vues (viseur) | NP-FZ100 – 440 vues (viseur) |
Wi-Fi | 2,4 / 5 / 6 GHz | 2,4 / 5 GHz |
Poids | 713 g | 723 g |
Prix au lancement | 5 099 € | 4 500 € |
3. Ergonomie et prise en main

À première vue, l'A7R VI ressemble fortement à l'A7 V sorti fin 2025.
C'est voulu : Sony a harmonisé le design de sa gamme, et les utilisateurs de la marque retrouveront immédiatement leurs marques. Ce n'est pas un reproche, l'ergonomie Sony est parmi les plus abouties du marché des hybrides plein format. J'ai eu du A7R IV, A7R V… les prises en main sont tops, pas besoin de plus !
Un boîtier compact pour sa catégorie

Avec ses 133 × 97 × 83 mm et ses 713 g, l'A7R VI reste étonnamment léger et compact compte tenu de ce qu'il embarque. Il perd même 10 g par rapport à l'A7R V. Face aux concurrents qui s'orientent vers des gabarits plus imposants : le Nikon Z8 ou le Panasonic Lumix S1R II, Sony maintient son engagement pour la compacité, ce qui n'est pas anodin pour un boîtier qui voyagera souvent avec de lourds téléobjectifs.
La poignée légèrement plus creusée améliore la tenue en main, et la tropicalisation garantit une utilisation sereine par temps humide. L'organisation des commandes ne change pas : double molette, joystick de sélection, commutateur photo/vidéo/ralenti, bouton REC dédié, quatre touches Custom et menu Fn direct.
Une formule éprouvée que Sony ne touche pas, à raison. 😌
Trois nouveautés ergonomiques remarquables
Les touches rétroéclairées. C'est une première chez Sony, et c'est une attente légitime depuis des années face à un Nikon Z8 qui en disposait. En activant un bouton dédié (réassignable à votre convenance), huit touches au dos du boîtier s'illuminent. Un détail qui change concrètement la vie en reportage de nuit ou en astrophotographie, et qui aurait dû arriver bien plus tôt.

La molette de modes enrichie. En plus des positions habituelles (Auto, P, A, S, M et trois emplacements personnalisables), une position étoile donne accès à dix profils supplémentaires. Pour les photographes qui jonglent entre plusieurs disciplines genre portrait en studio le matin, animalier l'après-midi ou paysage… la possibilité de stocker et rappeler instantanément dix configurations complètes est un vrai gain de temps.
La tally lamp. Ce petit voyant lumineux signalant l'enregistrement vidéo en cours était jusqu'ici réservé aux caméras Cinema Line de Sony (FX3, FX30, FX2…). Son intégration sur un hybride classique est une première, et son positionnement à cheval entre la face avant et l'épaule droite la rend visible aussi bien par l'opérateur que par la personne filmée. C'est, je trouve, très pratique pour savoir lorsqu'on filme.

Le viseur : le meilleur jamais embarqué dans un boîtier Sony
La dalle OLED du viseur conserve sa résolution de 9,44 Mpts (2048 × 1536 px), mais Sony l'a profondément retravaillée. Elle est désormais annoncée trois fois plus lumineuse que celle de l'A7R V, compatible HDR et couvrant l'espace colorimétrique DCI-P3. Sur le terrain, la différence est immédiatement perceptible en plein soleil ou lors de l'analyse d'une image en S-Log. C'est un vrai régal à utiliser, et probablement le meilleur viseur électronique jamais monté sur un boîtier Sony à ce jour.

L'écran tactile LCD orientable et inclinable de 3,2 pouces (2,1 Mpts) est conservé à l'identique. Sa flexibilité reste la meilleure solution du marché pour alterner sereinement entre la photo et la vidéo, quelle que soit la position de prise de vue.
4. Capteur 67 Mpx empilé : qualité d'image et niveau de détail
C'est le cœur du changement. Le nouveau capteur BSI CMOS Exmor RS de 66,8 Mpx est non seulement plus défini que le 61 Mpx de l'A7R V, mais il adopte surtout une architecture empilée, une première dans la gamme R.
Pourquoi l'architecture empilée change la donne

Un capteur empilé place l'électronique de traitement directement sous la couche de photodiodes, ce qui accélère considérablement la vitesse de lecture du signal.
Résultat : une rafale électronique bien plus rapide, moins de rolling shutter, et une meilleure gestion globale des grandes quantités de données générées par un capteur haute définition.
Nuance importante : le capteur de l'A7R VI est empilé, mais sans mémoire DRAM intégrée. Cette couche supplémentaire présente dans les A9 III et A1 II, est ce qui permet à ces boîtiers d'atteindre des vitesses de lecture encore plus élevées. Sans elle, le capteur de l'A7R VI se rapproche techniquement d'un capteur semi-empilé, plus rapide que les générations précédentes, mais pas aussi radical qu'un capteur entièrement empilé avec DRAM. Sony a fait ce choix pour des raisons de coût et pour éviter de cannibaliser les ventes de l'A1 II.
Ce que donnent les 67 Mpx en pratique

Le niveau de détail est bluffant. La possibilité de recadrer agressivement sans pixélisation change concrètement le workflow, on retrouve en post-traitement des détails auxquels on ne pensait même pas lors de la prise de vue. Sur un fichier plein format à 67 Mpx, un crop équivalent APS-C donne encore 28 Mpx, plus que beaucoup d'hybrides APS-C haut de gamme actuels. Il y a encore ce mode super 35 dans l'appareil qui permet ce crop directement à la prise de vue.

Exigence optique. 67 Mpx, c'est aussi une loupe sur les défauts des optiques. Les objectifs de haute qualité Sony G Master, Zeiss, Sigma Art, exploitent pleinement le capteur. Avec des optiques d'entrée de gamme ou des zooms anciens, la résolution du capteur dépassera la résolution de l'objectif, et le rendu final sera décevant. L'A7R VI nécessite des optiques à sa hauteur.
Sony introduit par ailleurs un nouveau mode de balance des blancs automatique assisté par IA, dont les résultats sont convaincants en pratique : la colorimétrie est juste dès la sortie du boîtier, ce qui facilite l'utilisation directe des JPEG et réduit le temps de développement RAW. Les 12 Creative Looks habituels sont disponibles, enrichis des deux variantes FL2 et FL3.
Les RAW non compressés disparaissent au profit de trois variantes compressées : sans perte (environ 80-85 Mo), compressé HQ et compressé standard. Sony garantit que ce choix n'affecte ni la qualité ni la dynamique, un point que l'utilisation sur le terrain confirme.

5. Montée en ISO et dynamique : jusqu'où peut-on aller ?
La plage de sensibilité va de 100 à 32 000 ISO, extensible de 50 à 102 400 ISO, identique à l'A7R V. Ce qui change, c'est la façon dont le capteur gère ces valeurs élevées malgré la définition supplémentaire.
Résultats en pratique
Les images sont impeccables jusqu'à 1 600 ISO. La dégradation reste très contenue jusqu'à 6 400 ISO, où un léger lissage commence à apparaître. Entre 6 400 et 12 800 ISO, les fichiers restent parfaitement exploitables, avec un rendu détaillé et des ombres récupérables sans artefact excessif. À 25 600 ISO, le bruit devient nettement perceptible, mais le résultat surpasse ce que l'A7R V donnait dans les mêmes conditions, ce qui est remarquable pour un capteur passant de 61 à 67 Mpx.
Au-delà, les valeurs ISO étendues (51 200, 102 400) ne sauvent que peu de fichiers sans passer par un logiciel de débruitage spécialisé. C'est le compromis habituel des capteurs haute définition, on n'a pas encore trouvé comment faire cohabiter définition extrême et basse lumière absolue dans un seul boîtier, et l'A7R VI ne dérogera pas à cette règle.
Dynamique : 16 stops annoncés, largement vérifiés

Sony avance une dynamique de 16 stops, ce qui placerait l'A7R VI au niveau des appareils moyen format comme le Fujifilm GFX 100 II. C'est une affirmation ambitieuse, et à l'usage, les résultats sont à la hauteur.
La récupération dans les ombres est particulièrement aisée : même un sujet fortement sous-exposé peut être redressé sans génération excessive de bruit électronique, sans avoir besoin de masques localisés ou de traitements particuliers. La récupération des hautes lumières est, comme toujours, plus délicate, mais même dans des cas de surexposition notable, le capteur conserve des détails que l'on n'espérait pas trouver.
Nouveau dans cette génération : le mode Dual Gain, qui combine deux niveaux de gain du capteur pour étendre la plage dynamique en basse lumière tout en réduisant le bruit visible. Les dégradés sont plus doux, les ombres mieux préservées. Ses limites sont importantes à connaître : disponible uniquement en 4K à 30 fps maximum, ISO plafonné à 400 (200-3200 en S-Log3), avec une vitesse de lecture du capteur réduite.
Sony recommande de le réserver aux sujets peu mobiles. C'est une fonction de niche, mais utile dans le bon contexte. Avec ce mode, la vitesse de lecture du capteur est plus lente, donc plus de rolling shutter, mais moins de bruit numérique ça va de soi.
6. Pixel-shift 270 Mpx et upscaling 134 Mpx
Deux modes de haute résolution complémentaires sont disponibles, tous deux nécessitant le logiciel gratuit Imaging Edge Desktop (Windows et macOS).
Le pixel-shift à 270 Mpx
Le pixel-shift capture 16 fichiers RAW que le logiciel assemble en une image finale de 270 Mpx. Le principe est identique aux générations précédentes, avec la même contrainte fondamentale : un trépied absolument stable est indispensable, et le moindre mouvement dans la scène (une feuille qui bouge, une voiture en arrière-plan) crée des artefacts importants dans l'image finale. Le pixel-shift est un outil de studio ou de paysage parfaitement statique, ce n'est pas un outil polyvalent.
L'upscaling 134 Mpx : notre préférence
Plus intéressant en usage réel, l'upscaling agrandit un seul fichier RAW en une image de 134 Mpx (16 320 × 8 160 px). Pas de trépied obligatoire, pas de contrainte liée aux mouvements dans la scène, un seul déclenchement suffit. Le traitement prend une vingtaine de secondes par fichier en qualité maximale, et le résultat est rendu sous forme d'un fichier RAW éditable, prêt à être retravaillé dans Lightroom ou tout autre logiciel de développement.
Les résultats sont très propres, sans artefact gênant. Cette fonction, bien qu'absente du boîtier en interne (Canon propose quelque chose de comparable directement dans le boîtier avec l'EOS R5 Mark II), est gratuite et très pratique. On aurait certes préféré la disposer en interne, mais l'externaliser via un logiciel offert par Sony est une solution acceptable.
7. Autofocus : rapide, précis, infatigable
L'A7R VI hérite du processeur Bionz XR2 introduit sur l'A7 V, que Sony présente comme suffisamment puissant pour se passer d'un module IA séparé. Les 759 points AF couvrent toujours 94 % de la surface du capteur, comme sur le modèle précedent.
Les sujets reconnus
La détection et le suivi couvrent les humains (yeux, visage, corps), les animaux (œil, visage, corps des chiens, chats et autres mammifères), les oiseaux (œil, visage, corps), les insectes, et côté véhicules : trains, avions et voitures. Le mode AF automatique qui donne la priorité aux humains sans forcer à changer manuellement de catégorie de sujet est présent depuis l'A1 II. Il est particulièrement pratique dans les situations mixtes.
Sur le terrain : difficile à prendre en défaut
L'œil est détecté instantanément, même de profil ou partiellement masqué. Une fois le sujet verrouillé, le boîtier ne lâche pas : le sujet peut se retourner, traverser le cadre ou marcher vers l'objectif, l'AF suit sans hésitation. Les rares ratés observés pendant des tests étaient davantage imputables à une approximation de l'objectif sur la distance de mise au point qu'à une défaillance de l'autofocus lui-même.
En basse lumière et par temps couvert, l'AF ne faiblit pas. C'est d'autant plus impressionnant sur un capteur de 67 Mpx, où la précision de la mise au point est critiquement importante, le moindre décalage est visible sur un tel niveau de définition.
8. Rafale 30 i/s et buffer : le grand saut en avant (avec ses limites)

C'est probablement la nouveauté qui redéfinit le plus le positionnement de l'A7R VI. Passer d'environ 10 i/s en obturation électronique sur l'A7R V à 30 i/s en RAW 14 bits, c'est multiplier la cadence par 3. À titre de comparaison, l'A1 II, le boîtier sportif de référence de Sony, tourne à 30 i/s également, mais avec des Raw moins puissants. Avoir cette cadence sur un boîtier de 67 Mpx est inédit.
Performances du buffer mesurées
Voici les résultats avec une carte CFexpress type A rapide :
Mode | Rafale mécanique (10 i/s) | Rafale électronique (30 i/s) |
RAW sans perte + JPEG | 95 images | 55 images |
RAW sans perte | 130 images | 60 images |
RAW compressés + JPEG | 130 images | 130 images |
JPEG seuls | 999+ images | 215 images |
60 images en RAW compressés sans perte à 30 i/s, soit exactement 2 secondes de rafale maximum avant saturation du buffer. C'est frustrant face aux 1 000+ images que peuvent encaisser le Nikon Z8 ou le Canon EOS R5 Mark II, mais ces derniers embarquent des capteurs moins définis et capturent en RAW 12 bits lors de leurs rafales rapides (14 bits pour SONY). La comparaison n'est donc pas tout à fait à charge contre Sony.
La bonne surprise : une fois le buffer plein, la rafale continue
Sony a intégré un comportement intelligent : une fois le buffer saturé, la cadence descend à 3-4 i/s mais ne s'arrête pas. La rafale devient "illimitée" à vitesse réduite, ce qui évite le blocage complet que connaissent certains boîtiers concurrents. Pas révolutionnaire, mais appréciable !
Le mode boost et la pré-capture

Un mode boost en rafale permet, via une touche personnalisable, de doubler temporairement la cadence, de 15 à 30 i/s par exemple. En pleine action, sans devoir replonger dans les menus. La plage de réglage s'étend de 5 à 30 i/s.
La pré-capture (réglable de 0,03 à 1 seconde) enregistre rétroactivement les images qui précèdent le déclenchement complet. Pour saisir l'instant juste avant le pic d'action, le plongeon qui commence, l'oiseau au moment de l'envol… c'est un outil précieux.
Limitation à signaler : les cadences de 20 et 30 i/s sont réservées aux optiques Sony. Avec un objectif Sigma, Tamron ou d'une autre marque tierce, la cadence maximale est plafonnée à 15 i/s. Une restriction frustrante pour les utilisateurs d'optiques tierces qui représentent une part non négligeable du parc monture E. C'est comme souvent, du bon foutage de gueule de la part de SONY…
9. Rolling shutter : enfin maîtrisé, pas encore éliminé
Le rolling shutter était le principal reproche adressé aux A7R IV, V et A7C R en obturation électronique. La déformation des sujets et des lignes verticales lors de panoramiques rapides rendait l'obturation électronique pratiquement inutilisable, en photo comme en vidéo.
L'architecture empilée de l'A7R VI devait régler ce problème. En pratique, le progrès est spectaculaire, mais la résolution n'est pas totale. Un A1 II fait un peu mieux.
Pourquoi il reste un résidu de rolling shutter
L'absence de mémoire DRAM dans ce capteur empilé signifie que la vitesse de lecture reste plus proche de celle d'un capteur semi-empilé (comme l'A7 V) que d'un capteur pleinement empilé avec DRAM (comme l'A1 II ou l'A9 III). Sur des sujets en déplacement très rapide avec un panoramique prononcé : voitures de sport, structures architecturales verticales traversant le cadre rapidement… une distorsion reste visible.
En usage quotidien, sur du portrait, du paysage, de l'animalier modéré ou même du sport classique, vous ne constaterez presque jamais de déformations gênantes. C'est un gain concret et très sensible par rapport aux générations précédentes. L'obturation mécanique reste disponible pour les situations critiques, mais le seuil à partir duquel elle devient nécessaire est nettement repoussé.
10. Stabilisation 5 axes : 8,5 stops annoncés, 6,5 à 7 stops en pratique
La nacelle 5 axes est annoncée à 8,5 stops au centre et 7 stops en périphérie. Ces valeurs ont été mesurées avec le Sony FE 50 mm f/1,2 GM dans des conditions CIPA standardisées.

Sur le terrain, comme souvent, les chiffres CIPA sont difficiles à atteindre. Avec un 50 mm à main levée, on peut exploiter des vitesses jusqu'à 2 secondes de façon fiable, soit 6,5 à 7 stops environ. Au-delà, la netteté devient aléatoire malgré tous les efforts.
C'est bien, et c'est surtout une nécessité sur 67 Mpx, où le moindre flou de bougé est immédiatement visible à l'écran. On regrette l'absence de double stabilisation (IBIS + OIS simultanés) lorsqu'une optique stabilisée est montée sur le boîtier, une limitation que Sony n'a toujours pas comblée sur cette gamme.
11. Vidéo : 8K 30p, 4K 120p et son 32 bits flottant
La vidéo n'a jamais été le terrain de jeu principal de la série R, et l'A7R VI ne prétend pas devenir une caméra vidéo de référence. Mais grâce au capteur empilé + aux modes vidéos disponibles , les possibilités s'élargissent très concrètement.
Les modes disponibles
Mode | Résolution | Cadences | Suréchantillonnage | Crop |
Plein format | 8K UHD | 30p / 24p | 8,2K | 1,2x |
Plein format | 4K UHD | 120p / 60p / 30p | 5K | Aucun |
Super 35 mm | 4K UHD | 60p / 30p | 6,3K | 1x |
Super 35 mm | 4K UHD | 120p | 4,6K | 1,4x |
La 8K 30p est enfin accessible, contre 24p (ou 25 ?) seulement sur l'A7R V. Elle s'accompagne toujours d'un crop de 1,2x, et reste en MP4 : pas de ProRes ni de RAW interne en 8K.
La 4K 120p sans recadrage (en plein format) est une réelle nouveauté bienvenue. L'A7R V ne proposait que de la 4K 60, avec un énorme crop. En Super 35 mm, une 4K suréchantillonnée depuis la 6,3K offre une qualité d'image supérieure, mais au prix d'un crop 1,5x (puisque APS-C).
Via la sortie HDMI, il est possible d'obtenir un signal ProRes RAW 3,8K 16 bits avec un enregistreur compatible comme l'Atomos Ninja. C'est bien pour les vidéastes professionnels, on aurait cependant préféré disposer du ProRes en interne, comme Canon, Panasonic ou Nikon le proposent sur leurs boîtiers respectifs.
Le rolling shutter vidéo : bien contenu
Le capteur empilé fait sentir ses effets en vidéo également. Le rolling shutter, longtemps rédhibitoire sur la série R, est désormais bien contenu, y compris en 8K, ce qui permet d'envisager de filmer à main levée dans cette résolution. Chose pratiquement impossible avec les générations précédentes.
Le son en 32 bits flottant : une première chez Sony
C'est la vraie surprise de cette génération côté vidéo. L'A7R VI peut enregistrer en 32 bits flottant, ce qui était jusqu'ici réservé aux meilleurs enregistreurs externes et aux boîtiers Panasonic. La nuance importante : cela nécessite l'utilisation de la nouvelle poignée XLR-A4 (accessoire vendu séparément), connectée numériquement via la griffe accessoires. Ce n'est pas disponible en interne direct, mais c'est une évolution significative dans l'écosystème Sony.
Ce qui manque encore
Les vidéastes exigeants noteront l'absence de l'Open Gate, du ProRes en interne (ou d'un format Raw SONY), et un crop prononcé en mode de stabilisation Dynamic Active (utile pour les prises de vue en mouvement mais qui réduit sensiblement le champ). L'A7R VI reste un boîtier orienté photo qui fait de la bonne vidéo, pas une caméra "hybride" photo-vidéo au sens où Canon et Panasonic l'entendent.
Après, on va remettre l'église au milieu du village… ça reste excellent en vidéo ; la qualité des 4K même de la 8K n'a rien à envier à la concurrence.
12. Connectique, stockage et autonomie
Une connectique complète et bien pensée

L'A7R VI embarque deux ports USB-C (un USB 3.2 Gen2 + un USB 2.0), tous deux compatibles Power Delivery, indispensable pour alimenter le boîtier en continu tout en le rechargeant. Le port HDMI Type A, les prises jack 3,5 mm microphone et casque, la synchro flash et la griffe accessoires numérique complètent la connectique filaire.
Le Wi-Fi 6 (2,4, 5 et 6 GHz) remplace la puce Wi-Fi 5 de l'A7R V. Sur le terrain, la stabilité de la connexion et la rapidité du transfert via l'application Creator's App s'améliorent nettement, particulièrement dans les environnements Wi-Fi saturés comme les salles de presse ou les événements.
À noter : il n'est toujours pas possible d'enregistrer directement sur un SSD externe via USB-C. C'est un grief récurrent contre les trois grandes marques japonaises (Canon, Sony, Nikon), et Sony ne l'a pas comblé sur cette génération, contrairement à Panasonic avec le S1R II.
Stockage : CFexpress type A et SD UHS-II
Les deux slots acceptent chacun indifféremment les formats CFexpress type A et SD UHS-II, un format hybride avantageux pour les utilisateurs qui ont déjà des cartes SD rapides. La norme CFexpress 4.0, plus rapide, n'est pas supportée. On peut regretter ce choix, qui aurait pu offrir un buffer encore plus généreux et des vitesses d'écriture supérieures.
Une nouvelle batterie et l'adieu à la rétrocompatibilité

C'est le point le plus " controversé " de cette génération. Sony passe à la batterie NP-SA100 (2 670 mAh, +17 % par rapport à la NP-FZ100), qui supporte la charge rapide et bénéficie d'un indicateur d'état de santé intégré.
L'autonomie annoncée de 600 vues (viseur) correspond à la réalité terrain : on peut même dépasser les 1 000 vues par charge en alternant écran et viseur dans des conditions normales. En vidéo 8K 30p, l'appareil a rempli une carte CFexpress 320 Go, soit environ 1h15 d'enregistrement avec 35 % de batterie encore disponible à la fin. Aucun voyant de surchauffe ne s'est allumé.
En contrepartie de cette autonomie améliorée, la rétrocompatibilité avec les anciennes NP-FZ100 est perdue. Les chargeurs, grips batterie et poignées existants sont inutilisables avec la nouvelle batterie, et vice-versa. Sony propose de nouveaux chargeurs et grips compatibles, mais les utilisateurs multi-boîtiers qui avaient investi dans un parc de NP-FZ100 devront repartir de zéro. Un choix difficilement évitable au vu des nouvelles ambitions du boîtier, mais douloureux pour ceux qui ont plusieurs appareils Sony.
Si vous voulez mon avis : oui, c'est chiant de devoir tout rechanger les batteries si vous en avez accumulé plusieurs de l'ancienne génération, mais le gain d'autonomie n'est pas négligeable, plus la charge rapide, l'indicateur d'autonomie… Non, franchement, ça donne un coup de jeune, ça fait plaisir !
13. Verdict : faut-il craquer pour le Sony A7R VI ?

Ce qui impressionne vraiment
L'A7R VI réussit là où ses prédécesseurs échouaient depuis des années : il est enfin utilisable en obturation électronique sans craindre le rolling shutter (en le craignant peu, du moins…). La rafale 30 i/s en RAW 14 bits sur un capteur de 67 Mpx est inédite, et elle repositionne réellement ce boîtier sur des usages que la série R abordait précédemment avec trop de compromis : animalier, sport, reportage.
La qualité d'image est exceptionnelle. Les 67 Mpx offrent une latitude de recadrage que peu de boîtiers peuvent offrir, et la dynamique de 16 stops donne aux fichiers RAW une flexibilité qui rivalise avec le moyen format. L'autofocus est tout simplement difficile à mettre en défaut. Le viseur est le meilleur jamais monté sur un boîtier Sony. Les touches rétroéclairées arrivent enfin. L'autonomie fait un bond significatif.
Bref ! C'est un très bon appareil. 🤗
Les limites à ne pas ignorer
Le buffer de 60 images en RAW à 30 i/s se remplit en 2 secondes, c'est court, même si Sony a prévu une rustine intelligente (la rafale continue à vitesse réduite). L'obturation électronique plafonne à 1/8 000, une valeur identique à l'obturateur mécanique, là où la concurrence offre 1/16 000 voire 1/32 000 en électronique. Les cadences 20 et 30 i/s sont réservées aux optiques Sony, les utilisateurs d'optiques tierces devront se contenter de 15 i/s. Ça peut suffire, mais ça reste du grand n'importe quoi.
En vidéo, l'absence de ProRes interne, d'Open Gate et d'enregistrement sur SSD externe reste un manque face à des concurrents comme le Panasonic Lumix S1R II.
Le changement de format de batterie est une décision compréhensible techniquement, mais elle froissera une partie de la base d'utilisateurs existants.
La question du prix et mon avis
À 5 099 €, l'A7R VI est 600 € plus cher que l'A7R V à son lancement. C'est un positionnement assumé qui l'éloigne un peu du Nikon Z8 (apparu à 4 699 €) et du Panasonic Lumix S1R II. Le Canon EOS R5 Mark II, lui, offre de nombreux atouts à un tarif un peu moins cher, mais sans atteindre la résolution des 67 Mpx.
Pour les photographes qui travaillent dans des disciplines où la définition extrême est un argument quotidien : paysage, architecture, publicité, photographie scientifique, grandes impressions… l'A7R VI est aujourd'hui le meilleur hybride plein format disponible, sans discussion. Il est aussi, pour la première fois dans la série R, un compagnon crédible pour l'animalier et le reportage. Même pour de la vidéo d'ailleurs !
Pour les autres, la question est de savoir si le bond de 61 à 67 Mpx, la rafale doublée et le rolling shutter maîtrisé justifient la mise à niveau depuis un A7R V encore excellent, ou si l'A7 V, moins cher, ne couvrirait pas l'essentiel de leurs besoins.
Ce que je pense de ce boîtier : il est très bien, ça c'est sûr. Mais c'est toujours pareil avec Sony…
Ils ont la technologie, mais souvent ils brident les boîtiers qui viennent de sortir, juste parce qu'il y a un autre boîtier derrière, dans une autre gamme, bien plus cher et qui propose déjà des fonctionnalités inédites. Afin de ne pas empiéter sur les ventes de cette autre gamme, le dernier sorti en date est « bridé », c'est très pénible ! Du moins, on a l'impression qu'il l'est.
Surtout que les tarifs ne sont pas bridés, aucun souci à ce niveau là 😅.
Sony, c'est comme Apple… Les boîtiers sont excellents, mais beaucoup trop chers ; certaines fonctionnalités n'arrivent qu'après des années par rapport à la concurrence, voire n'arrivent pas. Et même si ces dernières sont « mieux pensées » une fois sorties, ça fait toujours tache par rapport à la concurrence qui proposait cela depuis des mois voire des années.
L'exemple parfait c'est la Sony Fx5. La caméra est excellente, propose enfin ce que les utilisateurs demandaient, mais le prix par rapport à la concurrence c'est quelque chose ! Je la trouve mieux que la concurrence attention… Si on veut jouer sur les mots, elle n'a pas réellement de concurrence (pour l'instant, c'est à débattre), mais elle est à plus de 5 000 euros. OK, c'est une caméra Cinema Line, mais en divisant le prix par deux, vous avez d'autres alternatives très convaincantes. Pas forcément de la même catégorie, mais très convainquant tout de même !
C'est du marketing, je sais… mais en tant qu'utilisateur de cette marque,
ça reste très pénible !
Cet A7R VI est excellent, mais il aurait pu être bien plus.
Points forts
Capteur empilé 67 Mpx : niveau de détail exceptionnel
Rafale 30 i/s en RAW 14 bits, inédite sur ce niveau de définition
Autofocus redoutable — parmi les meilleurs du marché
Rolling shutter enfin maîtrisé sur la série R
Dynamique 16 stops et excellente récupération des ombres
Viseur OLED HDR : le meilleur jamais monté sur un Sony
Touches rétroéclairées : enfin !
Autonomie nettement améliorée
Upscaling 134 Mpx depuis un seul fichier RAW
Points faibles
Buffer limité à 60 images en RAW à 30 i/s
Rolling shutter présent (modéré) — pas aussi propre qu'un capteur DRAM
Obturation plafonnée à 1/8 000s en mécanique comme en électronique
30 i/s réservés aux optiques Sony uniquement
Pas de ProRes ni de RAW interne en vidéo
Pas d'enregistrement sur SSD externe
Changement de format de batterie : adieu rétrocompatibilité
Prix en hausse de 600 € par rapport à l'A7R V
Prix lancement : 5 099 € — disponible depuis le 20 mai 2026.
Voilà, je pense avoir fait le tour. Si vous souhaitez acheter ce Sony A7R VI pensez à mettre mon code créateur QUENTIN si vous passez sur MN Photo Vidéo. C'est ce qui m'aide le plus, surtout pour garder mon indépendance ! L'intégralité du Blog est rédigé uniquement par moi, à la main, ça ne vous coûtera pas plus cher, c'est parfait pour soutenir mon travail. 🤗
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